
L'alter ego est en nous. Il serait vain de le rechercher ailleurs que dans nous-mêmes. La vie nous le livre qu'à la fin du voyage, celui de Baudelaire. Voilà où nous retrouver comme nous ne nous connaissons pas : voyage intérieur, s'entend ; parce que les grands voyages ne sont que ceux de l'esprit. L'imagination en fait nos véritables destinations qui ne sont pas forcément loin de nous. Le voyage intérieur, par exemple invoque une rencontre avec soi-même dans le dessein, justement, de destinations connues où il nous faut, à nouveau, aller ! Spiritualité sans ascétisme, formulée par une espèce de nostalgie maladive. Le spleen baudelairien qui nous délivre de nos oppressions contemporaines, devient religion. On peut voyager loin, plus loin que ceux qui se hâtent dans les aérogares pour voir si ailleurs c'est mieux. Le port de nos départs est un vague-à-l'âme perpétuel qui nous envoie vers les "ailleurs." Là-bas, c'est toujours mieux qu'ici ! La jetée dans les ressacs nous pousse vers l